4ème saison pour UETPE avec Yannick Nyanga comme parrain

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Et pour la quatrième année consécutive, l’essai a été transformé. L’amphithéâtre du centre Pierre Cointreau du CCI d’Angers a affiché complet pour le lancement de la quatrième promotion de l’opération, avec 270 participants dont Yannick Nyanga, successeur dans le rôle de parrain à Daniel Dubroca, Sylvain Marconnet et Mathieu Blin. En fin de session, parmi quelques savoureuses anecdotes, l’actuel directeur sportif du Racing 92 a raconté sa découverte du rugby parce que son père travaillait sur un chantier juste à côté d’un terrain ovale où il attrapé le virus. Comme une première passerelle érigée entre le monde du sport et celui de l’entreprise. L’objet de cette soirée et du projet porté par le SCO Rugby Club Angers, « Un Essai Transformé Pour l’Emploi ».

Au rugby, le quatrième essai est parfois synonyme de bonus. Celui récolté par cette promotion est d’avoir doublé ses effectifs. Avant d’accueillir une nouvelle fournée au printemps, 28 candidats alternent déjà formation, stage en entreprise et entraînements collectifs. Plus tôt dans la journée, Yannick Nyanga a pu échanger avec eux au Club House du club. « C’était un grand moment. J’espère que ces échanges avec moi leur apportent quelque chose mais ça m’apporte aussi beaucoup à moi, apprécie l’ancien international tricolore (46 sélections). Je pense que tout part de la base, de l’éducation, de la manière dont on grandit. Et tout le monde n’a pas la chance de grandir de la meilleur des façons. Il existe d’autres biais pour se développer. Le sport est l’un d’eux. Il devient une valeur quand, individuellement, on essaye d’imaginer un projet, de trouver sa voie ».

Le principe d’« Un Essai Transformé Pour l’Emploi » est maintenant bien connu: encourager les entreprises à diversifier leur mode de recrutement et réserver des offres d’emploi aux participants à l’opération, 28 candidats sélectionnés qui suivent un dispositif de 400 heures de formation cofinancé par Pôle Emploi, dont 120 heures de pratique sportive. « On voit, on sait que ça marche, c’est une belle chose. 70% des stagiaires se voient proposer un contrat à l’issue de leur stage », apprécie le président du SCO Rugby Club Angers, Jean-Benoit Portier.

Également maitre de cérémonie, il a en préambule diffusé un petit film de témoignages qui a convaincu le public attentif. De jeunes gens décadrés ont retrouvé la voie et la foi en aplatissant cet essai pour l’emploi. Ils sont aujourd’hui agent de voirie, responsable textile ou agent de sécurité, souvent chez Verisure dont Morgane Gueresse est chargée de recrutement. « Nous avons aujourd’hui 100 collaborateurs, nous en aurons 500 en 2024 », promet-elle, pile dans l’axe de la soirée.

Aujourd’hui souvent en CDI, ces heureux candidats ont aussi réussi à escalader la pente grâce à la pratique du sport, du rugby la plupart du temps. Mélissandre n’aimait pas du tout ça, le sport. « Grâce à mes coaches, toujours positifs, j’ai commencé à aimer ça, sourit-elle. Ça m’a permis de trouver un équilibre ». Et un emploi, le but ultime de l’opération. « Sans cette formation, je n’en serais sûrement pas là où j’en suis », dit encore Nicolas, chauffeur routier après des années difficiles. « Le sport permet d’arriver dans le monde de l’entreprise avec une envie de performer décomplexée », renchérit Anne-Lise Robin, coach mentale et dirigeante d’entreprise.

Elle était invitée à partager son expérience lors de la première table ronde sur les entreprises inclusives. « C’est le contraire de l’exclusion », a clarifié Patrice Le Ber, pilote du projet depuis ses débuts. La seconde a mis en avant le sport comme facteur d’intégration. Confiance en soi, travail d’équipe, diversité, résilience, abnégation ont été confirmés comme autant de valeurs transférables au monde de l’entreprise. Le mot de la fin pour Jean-Benoit Portier, toujours aussi enthousiaste par ce projet initié par son club. « On parle toujours des difficultés des jeunes pour trouver un emploi, pour s’insérer dans la société; les entreprises se plaignent de ne pas trouver des employés… Je voudrais qu’on trouve des solutions, qu’on parle vrai et qu’on débouche sur quelque chose. J’aimerais un engagement fort des entreprises ». Leur présence en nombre - grandissant chaque année - à cette quatrième session en était déjà un. Ne reste plus qu’à transformer ce nouvel essai.

 

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